Un livre sur l'Estonie: Puhdistus

Publié le par Stephandero

En l’espace quelques années, l’écrivain Sofi Oksanen s’est imposée parmi les personnages les plus éminents du monde littéraire et du dialogue social en Finlande. Sofi Oksanen se rendra à Bruxelles en novembre prochain pour discuter des thèmes de son roman à succès Puhdistus (« La purge », 2008) qui parut cet octobre en hollandais.

Elle est née en 1977 en Finlande centrale d’une mère estonienne et d’un père finlandais. La production écrite de S. Oksanen met fortement l’accent sur son expérience personnelle en matière de multiculturisme.

La production de S. Oksanen a suscité beaucoup de controverse en particulier en Russie où la visite prévue de l’écrivain en 2008 fut annulée à deux reprises, en raison de problèmes d’organisation. Le scandale dû au recueil d’essais publié au courant de cette année quant à lui a inspiré, entre autres, l’organisation de la Jeunesse proPoutine à organiser une manifestation à Helsinki.

Le roman Puhdistus traite également du quotidien de l’Estonie pendant la période de l’avant et l’après-guerre mondiale jusqu’à la période de la chute du Mur de Berlin. La narration qui se passe en Estonie est axée autour de deux personnages féminins représentant différentes générations : Aliide Truu est déjà une femme âgée qui a expérimenté l’occupation allemande et la période soviétique de l’Estonie et dont les mains sont tachées par les crimes de la période soviétique. La jeune Zara d’origine russe quant à elle est victime du trafic d’êtres humains, elle se retrouve un jour dans la cour d’Aliide pour demander de l’aide.

La rencontre de ces femmes constitue en même temps une confrontation entre le passé et le présent : un réveil amer qui prouve bien que les changements dans le temps et de la société garantissent toujours un véritable changement. Ce roman examine l’impact des guerres et du socialisme soviétique dans les pays baltes en faisant parler ceux que l’on n’avait jamais entendu auparavant : en particulier les femmes estoniennes. La narration de S. Oksanen nous interpelle vivement en posant la question à savoir de quelle manière l’histoire et l’avenir de la nation façonnent l’humanité et le Moi de l’individu – et vice-versa.

Le mot finnois “puhdistus” peut signifier “purge”, mais cela vient du mot qui signifie “propre” et il peut aussi se traduire par "nettoyage". Il fait référence à la déportation en Sibérie de dizaines de milliers d’Estoniens sous Staline.

“Lorsque j’étais enfant,” dit Oksanen, “personne ne parlait des déportations. Les gens ‘allaient en Sibérie’. Certaines choses étaient si dangereuses à dire que les gens utilisaient différentes expressions pour contourner les problèmes réels."

"Lorsque j’ai commencé à écrire la pièce et que je pensais à son titre, je pensais à la réaction traumatique que les personnes peuvent avoir lorsqu’elles ont subi des violences ou qu’elles ont été violées," dit-elle. "Elles essaient toujours de se laver. Et donc c’était le premier sens – nettoyage."

 

Pour information, la publication du roman en anglais et en français est prévue pour 2010.


Publié dans litterature

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