Personnalité estonienne: Kaarel Robert Pusta (Part 2)

Publié le par Stephandero

Personnalité estonienne: Kaarel Robert Pusta (Part1)

« Nous n'avons pas voulu de rejoindre la Prusse ou aller avec la Russie. Nous avons choisi l'orientation européenne au bon moment ». K.R. Pusta faisait partie de ces hommes qui ont commencé à diffuser l'idée d'une Europe unie après la Première Guerre mondiale. Pour lui, l'âme de l'Europe morcelée est alors malade ; il fallait s'unir ou mourir. Pusta croyait que le développement politique du XXe siècle devrait être basé sur le respect mutuel entre les races et les nations et l'union des petits pays dans de fortes unions économiques.

À la Société des Nations, les pays Baltes, les plus jeunes pays d'Europe, sont devenus rapidement solidaires des autres pays de l'Europe et ont été à l'avant-garde du mouvement paneuropéen, défendu par le comte Richard Coudenhove-Kalergi.
D'ailleurs, nombreux étaient ceux qui suivaient avec intérêt leur projet d'une Union baltique. Pusta espérait que l'Union baltique - union d'un nouveau type car les pays seraient liés par les liens politiques et économiques - servirait d'exemple pour l'Union paneuropéenne. Malheureusement, ce projet n'a jamais abouti. Pourtant, cela n'a pas empêché K.R. Pusta de poursuivre inlassablement son travail pour le mouvement paneuropéen.

« L'idée des États-Unis de l'Europe n'est pas nouvelle, mais pour la première fois elle est devenue une affaire de la démocratie et non une affaire des utopistes, des rares gouvernants et des philosophes. Ce qui était encore hier considéré comme une utopie fait aujourd'hui partie des programmes politiques pratiques ». Pusta était pragmatique et essayait de faire avancer l'idée de l'Europe unie car selon lui, uniquement la voie de la diplomatie, de la solidarité et de l'union pourrait apporter la paix à notre continent. Il n'espérait pas aller rapidement jusqu'au bout de ce rêve, mais de construire quelque chose qui permettrait à tous d'avancer. « Les États-Unis de l'Europe sont peu probables. Si les parlements et les référendums de 26 pays européens commençaient à décider, il faudrait au moins 50 ans et nous n'avons pas de temps. Par contre, une union économique de l'Europe et un groupe des États européens au sein de la Société des Nations semble être un "rêve réaliste" ». Si Pusta a écrit dans ses mémoires qu'en 1929, lors de la première réunion des gouvernements européens (27 pays) à Genève, tous étaient d'accord sur la nécessité de l'union, le ton est totalement différent quelques années plus tard. En 1935, il écrit que l'Europe d'aujourd'hui semble être profondément morcelée et les tensions entre les peuples tellement fortes qu'on considère ceux qui parlent de l'Union comme des rêveurs inguérissables.

K.R. Pusta gardait l'espoir en Europe unie malgré la situation d'après la Deuxième Guerre mondiale : «  Même si l'Europe unie reste une illusion alors que où 150 millions d'Européens sont obligés de rester à l'écart [NDLR : bloc soviétique], nous devons souhaiter sincèrement qu'au moins les peuples, qui sont libres à choisir leur destin,  se réunissent ». C'était un homme qui s'est investi pendant toute sa vie pour ce en quoi il croyait : l'indépendance de l'Estonie et l'idée de l'Europe unie.

Kaarel Robert Pusta est mort le 4 mai 1964 à Madrid. Juste après, le journal Exil et liberté publie un article à sa mémoire : « Tous ceux qui ont gardé leurs idéaux patriotiques et l'espoir dans la libération de la partie occupée, ressentent l'importance de cette perte [la mort de K.R. Pusta]. Cet Estonien a marqué ses contemporains de son pays et au-delà de la frontière ». 

Publié dans culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article