Les loups en Estonie

Publié le par Stephandero

Avec ses nombreuses réserves offrant à ces animaux abris et nourriture, l’Estonie compte plus de loups que d’autres pays d’Europe. De plus, selon la saison, leur nombre s’agrandit car ils viennent de la Russie voisine, pays d’Europe qui accueille la plus grande population de ces mammifères.

Lors de ses négociations avec l’Union européenne, l’Estonie avait obtenu de pouvoir continuer - sous réserve d’un quota - sa traditionnelle chasse aux loups, pourtant interdite dans les autres pays de l’UE.


En 1990, le pays en comptait de 600 à 700 et la loi ne les protégeait pas. Les autorités versaient même des aides pour chaque peau de loup et pendant des années des brigades spéciales sillonnaient les forêts pour les éliminer.

En moyenne, 300 loups étaient ainsi abattus chaque année, lors de chasses individuelles ou de battues. Par exemple, en 1995, les chasseurs estoniens abattirent 302 loups. En quelques années, le nombre de bêtes libres n’a fait que diminuer.

 

En 2003, le nombre de loups avait été évalué à une centaine et certains experts avaient même estimé qu’ils n’étaient pas plus que 70 à 80, alors que l’Estonie s’était engagée auprès de Bruxelles à maintenir leur population autour de 100 à 150. L’UE avait fixé l’autorisation d’abattage à 16 loups par an en Estonie.

De nombreuses erreurs ont été commises dans le passé, qui ont entraîné cette inquiétante baisse de population.
« La plus grave a été d’avoir laissé détruire leur structure. Les chasseurs visaient surtout les chefs de meutes, et sans leurs meneurs, les meutes se dispersent », explique Enn Vilbaste de la réserve naturelle de Nigula.

Il y a quelque années, dans sa réserve vivait une grande meute, mais en 2004, celle-ci se transforma en deux petites et de nombreux loups solitaires. « Les loups solitaires posent problèmes. Ils n’ont pas l’aide de la meute pour chasser le gibier. C’est pour cela qu’ils s’approchent des habitations humaines pour tuer les chiens et autres animaux domestiques ».

« Les jeunes ne participent pas à la chasse, ils observent les adultes et apprennent », ajoute Marko Kubarsepp (chercheur) qui observe le comportements de ces animaux. « Quand on tue les loups adultes, les jeunes se retrouvent sans exemple à suivre ».

« Un loup solitaire a aussi du mal à trouver un compagnon et certains se reproduisent avec des chiens errants. De nombreux croisements de chiens et loups ont été répertoriés dans le pays.» Selon Vilbast, « les chiens solitaires causent plus de dommages aux animaux domestiques que les loups. Nul ne sait combien il y en a dans les forêts. Certainement plus que des loups ».

Dans le but d’étudier l’attitude des habitants et leur perception des grands carnivores, un questionnaire a été élaboré et transmis à divers collectifs : étudiants universitaires, écoles et ruraux. Parmi les questions posées, la plus importante était : quelle population de loups est acceptable et quelle stratégie à adopter ? (Protection, chasse).
La conclusion principale est que 100-200 loups sont considérés par les Estoniens comme étant  le nombre optimal acceptable.
Malheureusement, l’attitude générale, surtout envers les loups, reste toujours assez négative. On retrouve cette prédominance dans les traditions folkloriques, dans les contes...
Malgré tout, on constate une lente acceptation du loup résultant d’une meilleure compréhension de son rôle dans les écosystèmes ; ce sont surtout les citadins qui sont favorables à la protection des loups. Evidemment, pour eux, les situations de conflits sont quasi inexistantes car ils ont peu de chance de croiser l’animal ! :)

 

Aujourd'hui, on compte en Estonie près de 200 loups.

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