L'Estonie sème ses voisins baltes

Publié le par Stephandero

1euro_Estonie.jpgL'Estonie espère recevoir cet été le feu vert de l'UE pour passer à la monnaie européenne le 1er janvier 2011, semant ses voisins baltes situés à l'extrémité nord-est de l'Union européenne et très durement frappés par la crise économique. L'Estonie deviendrait ainsi le troisième pays ex-communiste, après la Slovaquie et la Slovénie, à rejoindre les 16 Etats de la zone euro, des ambitions qui inquiètent en particulier la Lettonie, le plus affecté des trois pays baltes par la tourmente mondiale. "Je pense que tout investisseur (...) choisira un environnement où l'euro a déjà été introduit et où il ne rencontrera pas de risques liés à des rumeurs sur l'évolution des taux de change", remarquait récemment le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie, Ilmars Rimsevics. Ce changement "va accroître la confiance dans l'économie estonienne, ce qui attirera plus d'investissements et contribuera à créer de nouveaux emplois", a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère des Finances de ce pays de 1,3 million d'habitants, Kristi Joesaar. Pour Swedbank, une institution financière très présente sur le marché balte, l'entrée de l'Estonie dans la zone euro va détourner en sa faveur les investissements dans la région. "Nous prévoyons que les estimations de risque vont être revues à la baisse, ce qui va amener des flux de capitaux meilleur marché et plus importants, rendre les investissements plus attrayants et contribuer ainsi fortement à la croissance qui se manifestera plutôt en 2011", a estimé Swedbank. Devant la perspective d'une adhésion de l'Estonie à l'euro en 2011, l'agence de notation Fitch a annoncé vendredi qu'elle n'envisagait plus d'abaisser la note de la dette souveraine du pays. La Lettonie, ex-champion européen de la croissance devenu lanterne rouge des 27 membres de l'UE, avec une chute de son produit intérieur brut (PIB) estimée à 18% l'an dernier, pourrait bien se retrouver plus encore à la traîne. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, encore récemment surnommés "tigres de la Baltique" pour leur croissance spectaculaire, voient dans l'euro un havre protecteur après la profonde récession dans laquelle les a plongés la crise financière internationale. Leurs monnaies sont liées à l'euro par un taux de change fixe. Les trois pays ont adopté de cruelles mesures d'austérité face à une contraction à deux chiffres de leur activité économique. La Lettonie a reçu un crédit de 7,5 milliards d'euros fin 2008 du Fonds monétaire international, de l'Union européenne et d'autres prêteurs. Elle vise l'adoption de l'euro en 2014, tout comme la Lituanie, qui a échoué de peu au test des critères d'entrée dans la zone euro en 2007. Joakim Helenius, dirigeant de Trigon Capital, une société d'investissement présente dans les trois capitales, met en doute l'idée que l'investissement aura tendance à se concentrer sur l'Estonie plutôt que la Lettonie et la Lituanie. Selon lui, "l'euro va simplement accélérer la croissance du PIB par habitant en Estonie". La plus septentrionale des trois anciennes républiques soviétiques baltes est déjà en tête. Selon le FMI, son PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPP) était de 18.051 dollars en 2009, contre 15.803 dollars en Lituanie et 14.309 dollars en Lettonie. Avec une population totale de 6,8 millions d'habitants, les trois pays baltes, entrés dans l'UE en 2004, ont partagé un sort commun au 20e siècle. Annexés par l'URSS pendant la Seconde guerre mondiale, ils se sont mobilisés à la fin des années 1980 pour obtenir l'indépendance, avant de sortir du giron de Moscou en 1991. (Source: Le Monde)

Publié dans Faits divers

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Francais en Estonie 06/02/2010 16:29


Tu gagneras quelques centimes :)


Stephandero 06/02/2010 16:13


Assez d'accord avec toi...En ce qui me concerne, cela me facilitera la vie car je me paie de sacrés commissions quand je retire de l'argent là-bas. 


Francais en Estonie 06/02/2010 16:09


j'attends surtout de voir ce que va vraiment changer l'euro puisque la couronne est déjà indexée sur ce-dernier et que finalement ça ne devrait strictement rien changer dans les têtes des
investisseurs.
Je crains plutôt une nouvelle poussée inflationniste et les conséquences qu'on connait...