Fin de la récession: du baume au coeur des chômeurs estoniens

Publié le par Stephandero

Pour les chômeurs, toujours plus nombreux en Estonie, la reprise économique enregistrée après deux ans de profonde récession ainsi que la perspective de l'adhésion du pays à l'euro en 2011 apportent un brin de réconfort. Après huit années de croissance exemplaire, l'effondrement économique en 2008 de l'ancien "tigre" balte a fait presque quadrupler le nombre de chômeurs, à 15,5% de la population active, un taux jamais vu depuis près de 20 ans d'indépendance.
Toopuudus.jpg.jpg107.000 personnes restent sans emploi dans ce pays de 1,3 million d'habitants, selon les données publiées vendredi. Un tiers sont au chômage depuis plus d'un an. 11.000 ont perdu l'espoir et simplement arrêté de chercher un travail. "Je vis uniquement avec ce que j'ai économisé pendant des années", indique à l'AFP Mare Varendi, 47 ans, ancienne comptable, sans emploi depuis décembre 2008. L'indemnité de chômage mensuelle en Estonie représente environ la moitié du dernier salaire, pendant les sept premiers mois. Elle tombe ensuite à 1.000 couronnes (64 euros). Ce n'est pas assez pour payer le chauffage et l'électricité, même dans un studio, durant les mois rudes de l'hiver estonien. Mme Varendi a fait des dizaines de demandes pour différents postes, y compris ceux de simple secrétaire, sans succès. La liste de demandeurs était parfois longue de centaines de noms. Pour 68% des Estoniens, le chômage constitue le plus grave problème, selon un sondage récent. Le Premier ministre Andrus Ansip, promoteur d'une politique économique d'austérité, s'est attiré une vague de critiques pour avoir essayé de minimiser le problème en le réduisant au seul secteur du bâtiment en crise. Selon Mme Varendi, ce genre de remarques discréditent les hommes politiques. "La seule chose qui me fait tenir, c'est l'espoir que la crise va se terminer dans quelques années et qu'on aura de nouveau besoin de gens comme moi", dit-elle. Contrairement à d'autres pays frappés par la crise comme la Grèce, l'Espagne, la Lituanie ou la Lettonie voisine, l'Estonie n'a pas connu de protestations de rue. Mais, selon l'analyste de la banque SEB à Tallinn, Hardo Pajula, cela peut se produire maintenant. "Le plus grand problème de l'Estonie, vraiment le plus grand, c'est le chômage et le risque d'un mécontentement politique grandissant", insiste-t-il. Membre de la coalition au pouvoir, l'ancien Premier ministre Mart Laar a récemment reconnu que la gouvernement tiendrait jusqu'aux élections législatives de 2011 seulement à condition de maîtriser le chômage en 2010. Le ministère des Finances vient de préparer un projet de loi exemptant d'impôts pour un an des sociétés qui embauchent du personnel à temps partiel. Après son divorce d'avec l'Union soviétique et le régime communiste en 1991, l'Estonie est passée rapidement à l'économie de marché. Le taux de chômage au 4e trimestre 2008 était de seulement 4%, grâce à une croissance particulièrement soutenue après l'adhésion à l'UE en 2004. Mais le pays a été frappé de plein fouet par la crise mondiale. Le PIB estonien s'est contracté de 14,1% en 2009, après une baisse de 3,6% en 2008. L'Estonie est sortie de la récession au 4e trimestre 2009, avec une progression de son PIB de 2,6% par rapport au trimestre précédent. Le gouvernement prévoit pour cette année encore un léger affaissement de l'activité économique, de 0,1%, suivi d'une croissance de 3,3% en 2011. Mais certains s'impatientent. "Je voudrais rester en Estonie, mais en ce moment j'envisage d'aller travailler aux Etats-Unis", déclare Kairi Soosaar, 25 ans, sur le point de terminer ses études de journalisme. "Beaucoup d'amis sont déjà partis. J'espère revenir un jour, mais qui sait ce que la vie m'apportera", ajoute-t-il. (Source: Le Monde)

Publié dans Faits divers

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Francais en Estonie 18/02/2010 15:22


reprise? quelle reprise?
Le PIB estonien s'est contracté de 14,1% en 2009. Parler de reprise parce que le PIB a progressé
de 2,6% par
rapport au trimestre précédent (comme Lagarde l'a fait en France d'ailleurs...) et occulter une chute de 9% par rapport à l'an dernier, c'est de la pure communication politique. D'autant plus qu'il
est encore prévu une légère chute de PIB cette année de 0,1%. En termes économiques, j'appelle cela un récession.

Comme le dit ton titre (ou celui du Monde qui me semble quand même bien ironique), c'est un vrai soulagement pour tous ces chômeurs de savoir cela alors que rien n'est fait pour eux - sinon la
promesse d'un euro "sauveur" qui ramènera la paix sur terre ... ohlala comment j'y vais!! ;) .... et que l'Estonie n'est pas encore sûre d'obtenir