En Estonie, le poker attire toujours les full

Publié le par Stephandero

poker-chips.jpgCe soir-là, dans la salle de poker du plus grand casino de Tallinn, les joueurs se frayent difficilement un passage jusqu’à leur siège. Les 90 places ont toutes été réservées en un clin d’œil. En l’espace de quelques années, les Estoniens ont découvert le plaisir de bluffer. On compte plus de 20 000 joueurs réguliers dans ce pays de 1,3 million d’habitants. «Les Estoniens aiment jouer avec des petites mises», raconte Priit Pajuuma, le «Monsieur Poker» du plus grand groupe de casinos du pays. «Tous les dimanches, nous organisons un tournoi avec une mise d’un euro. Il y a une centaine de joueurs. Ils viennent bien plus pour s’amuser que pour gagner de l’argent.»

Le succès de Tallinn, qui passe pour un mini-Las Vegas avec ses 90 casinos, ne s’arrête pas à ses frontières. Sacrée troisième destination européenne en 2007 par la bible des joueurs Bluff Europe (après Monaco et Barcelone), elle a pour la première fois accueilli début août la première étape de l’European Poker Tour. Plus largement, les voisins scandinaves viennent en masse abattre leurs cartes sur les tapis verts estoniens. Suédois et Finlandais y organisent même leur coupe entre les deux pays. Les Estoniens se sont mis à flamber quand l’économie de leur pays a décollé, vers 2004. «Ils avaient certainement trop d’argent», explique Leonhard Puksa, à la tête d’une association soignant la dépendance au jeu. Mais la manne s’est vite tarie. Avec la crise, les taxes versées à l’Etat par les casinos ont été divisées par deux entre 2007 et 2009.

Le poker,lui, tire pourtant son épingle du jeu. «Le nombre d’adeptes a doublé pendant cette période», souligne Priit Pajuuma. Ni cours ni écoles de poker, mais Internet. «Je joue depuis six ans sur le Net, dit Heike, qui s’habitue depuis peu à avoir face à elle un croupier en chair et en os. Je n’en ai pas fait mon métier, mais j’y joue quelques heures tous les jours, et je gagne environ un salaire supplémentaire par mois.» Depuis janvier, Tallinn autorise les jeux de hasard en ligne, à condition que le fournisseur de services soit enregistré en Estonie. Un seul groupe avait obtenu une licence… jusqu’à avant-hier, où PokerStars, le plus grand site du monde, entre dans la danse. «Désormais les jeux de casino se déplacent dans la chambre à coucher», redoute Leonhard Puksa.(Source: libération)

 


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